INFOS / MOU TEKAO HAKAÌTE

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Le site de partage de la langue marquisienne
Te tohua niu tavavā hou mea àva atu àva mai i te èo ènana
The new site for sharing the Marquesan language

Vue de la plage Vainahō et du Fort Collet, Taiohaè, Nukuhiva. René Gillotin, 1844.

Présentation et parcours du rédacteur du site, Jacques Iakopo Pelleau

Écrit par

I - Le rédacteur du site

Je me nomme Jacques Iakopo Pelleau ; je suis professeur d’anglais retraité, et depuis mon arrivée aux Marquises en 1995, ma nature et mon caractère ont écouté, entendu, intégré et aimé l’écho renvoyé par ses habitants et leur langue. Selon la célèbre formule de Greg Dening, mû par ce qui me parvenait, j’ai entrepris « la traversée du rivage ».

jacques iakopo pelleau

Je comprendrais que certains parmi vous s’étonnent, voire s’offusquent de ce qu’un non-Marquisien se mêle de langue marquisienne ; j’y suis habitué, ça ne me dérange plus, car ceux qui me connaissent vraiment savent que je ne me présente pas en donneur de leçons mais en demandeur de réponses.

De même que la langue française n’est pas la propriété des Français, ou l’anglais propriété des Anglo-saxons, la langue marquisienne, le èo ènana/ènata n’appartient pas aux seuls Marquisiens, elle fait partie du patrimoine de l’humanité, et il revient à tout humain qui s’y intéresse de la chérir et de la promouvoir à son niveau. Et c’est ce qui ne manquera pas de se produire, à une plus grande échelle encore, le jour où, placées sous la haute protection de l’UNESCO, les Îles Marquises seront inscrites au patrimoine mondial de l’humanité.

 

II - Ùapou, 1995-2001

Dès mon arrivée à Ùa Pou en qualité de professeur d’anglais au collège de Hakahau, j’ai commencé l’apprentissage de la langue marquisienne. J’ai étudié le manuel du Père Zewen, « Le Parler de Nuku Hiva » ; j’ai écouté, pris beaucoup de notes, assisté même aux cours donnés dans leur langue à mes élèves de troisième, au départ par Ida Hou-Yi, remplacée par Chrétienne Ohotoua. Plus tard, j’ai participé à leurs activités culturelles dont des reportages vidéo sur les anciens et les artisans. Finalement j’ai réussi à me faire une petite place, et en collaboration avec Chrétienne, j’ai rédigé un petit manuel d’initiation qui nous a permis, pendant un an, d’enseigner en binôme le èo ènana/ènata à un groupe d’une quinzaine de haoè, des non-Marquisiens. L’intérêt porté au projet par le principal de l’époque, Alain Bera et l’intendant, maintenant professeur-documentaliste, Christian Aubert, les a poussés à se charger de l’impression et de l’illustration du manuel. Qu’ils en soient encore remerciés !

 

III - Retour en métropole, 2001-2005

Par la suite, je suis rentré en métropole et j’ai continué mon travail avec l’intention de revenir très vite aux Marquises où j’étais de retour pour les grandes vacances chaque année.

Afin de rentabiliser mon attente et les notions orales que j’avais captées sur RFO pendant six ans, j’ai commencé l’étude de la langue tahitienne ou reo tahiti avec la méthode de l’Institut des langues orientales de Mirose Paia et Jacques Vernaudon ; ce faisant, je comprenais mieux certaines structures du èo ènana/ènata, et je me familiarisais avec les mots indésirables utilisés à tort par les Marquisiens.

 

IV - Taiohaè, depuis 2005

1) - Au collège « Te Tau Vaeìa »

À mon retour à Taiohaè en 2005 pour enseigner l’anglais au collège, j’ai repris mes activités linguistiques locales avec ardeur. J’ai réécrit mon manuel de cours conformément à la nouvelle graphie de l’Académie marquisienne, et j’ai donné des cours le soir à des adultes non-marquisianophones. En outre, afin de ne pas pénaliser les élèves venant de métropole ainsi que les non-marquisianophones, le principal de l’époque, Guy Chassignol, a eu l’idée de créer une classe dédiée à ces débutants dont il m’a confié l’enseignement d’une heure hebdomadaire pendant deux années scolaires.

2) - Départ à la retraite, 2009

a) - Le travail sur la langue marquisienne

En 2009, je suis parti à la retraite, et après un période d’incertitude, j’ai repris intensément mon étude du marquisien. Depuis lors, dès que je mets le pied dehors, j’essaie de parler le marquisien. J’écoute journellement les deux radios locales en enregistrant de courts extraits que je dissèque ensuite sur mon ordi au ralenti ; je fais de fréquentes visites à l’Académie où j’ai rencontré Julien Tumuehitu Tamarii, un des deux académiciens de Nuku Hiva, qui me conseille, et avec lequel j’ai noué des liens d’amitié, d’autant que nous sommes du même âge, et qu’il occupe la fonction précieuse de tumu pure au sein de la paroisse catholique. Pendant plusieurs années, j’ai donné des cours à des adultes non-marquisianophones mais, faute de régularité et de quantité suffisante de participants, j’ai cessé cette activité fin 2016.

Quelques publications mises à part, les seuls grands textes de la langue marquisienne sont les Saintes Écritures de la religion catholique. À Ùa Pou déjà, j’avais acquis, lu et annoté en entier « Te Tekao a te Etua », ce livre de 900 pages qui regroupe les textes appliqués à la liturgie de chaque jour ; c’est un recueil contenant les quatre évangiles, les psaumes, les lettres de Saint Paul et de nombreux autres textes ; c’est donc une source énorme de vocabulaire et de structures grammaticales admirables et précieuses.

b) – Le travail avec les touristes

De plus, début 2014, l’Aranui, en rupture de guide, m’a contacté à deux reprises pour accompagner une partie des touristes sur les sites de la cathédrale de Taiohaè, de Kamuihei à Hatiheù et de Paekē à Taipivai. Après avoir consulté mes archives, j’ai accepté leur offre et j’ai énormément apprécié cette activité qui, outre le plaisir de partager la découverte avec des touristes, m’a surtout permis d’entrevoir mes immenses lacunes historiques. À partir de ce moment-là, je me suis plongé dans les livres d’Histoire des Marquises, j’ai pris des notes, rédigé des textes, compilé des dates et données de toute sorte.

L’Histoire m’avait toujours intéressé, et j’ai trouvé là un écho grandiose à l’étude de la langue qui me permet de relier le présent au passé.

c) – Le travail avec les amis

À cette époque-là aussi, lors de ses séjours à Taiohaè, j’allais passer quelques heures par semaine chez mon amie Teupooteiì Teikivaeoho. Elle a donné des cours de marquisien à l’université Dauphine de Paris, et c’est une des rares Marquisiennes de mes connaissances, capable de m’expliquer les nuances du èo ènana/ènata et de corriger judicieusement mes fautes.

De même, il m’est arrivé à plusieurs reprises, de passer un peu de temps à discuter avec Carmela qui tenait alors boutique face au Centre Nautique de Paahatea.

J’ai aussi passé de nombreux mois, chaque jour, à étudier une page du dictionnaire de Mgr Dordillon, ligne par ligne, mot par mot. On ne peut s’imaginer les trouvailles qu’on peut y faire parmi toutes les richesses lexicales qu’il fournit.

S’il reste peu de traces écrites des autres traditions passées, la langue est un trésor national marquisien que les maladies, l’alcool et la dépopulation n’ont pas réussi à atteindre. À chacun de montrer qu’il peut, s’il le désire, partager cette richesse et en nourrir sa connaissance.

d) – Le travail sur internet : vulgarisation de la langue et de l’Histoire des îles Marquises

En juin 2015, j’étais prêt à partager avec vous tous ces acquis en utilisant les moyens de notre temps, d’où l’idée de la création du site « Te Èo Ènana » dont le sous-titre est « Te Èo, Te Kaìèìa », « Ma langue, Ma Fierté ».

Jusqu’au début 2018, je l’ai alimenté de toutes sortes de productions ayant trait à la langue marquisienne. Puis, pour des raisons trop longues à expliquer, mon site a été fermé. En ce début d’année 2019, grâce à l’installation de l’internet très haut débit et l’aide de membres proches et jeunes de ma famille, il m’est désormais possible d’ouvrir un nouveau site qui se nomme simplement « Te èo.com ».

Conformément à la stratégie facebookienne, les humains s’ouvrent un compte pour se faire des amis. C’est aussi dans ce but mais, surtout afin de faire le lien entre mon site et le grand public que j’ai ouvert deux pages Facebook : celle portant mon nom, Jacques Iakopo Pelleau, et celle portant le nom de « Te Èo », en écho au nom de mon site.

Quant à lui, le site « Te èo.com » a été créé dans la triple intention de vulgariser et d’établir définitivement le standard de graphie prôné par l’Académie marquisienne, de publier ce que mes connaissances linguistiques m’autorisent à rédiger et partager en èo ènana sur tous les sujets, et de permettre à celles et ceux qui le souhaitent de s’exprimer dans et avec la même langue.

Concernant les nombreux non-marquisianophones qui s’intéressent à la culture de l’archipel, ce site dédié à la langue leur ouvrira une fenêtre par laquelle rares sont ceux qui trouvent le courage, l’envie ou le besoin de sauter.

On le comprend, même si l’unique sujet de ce site est la langue marquisienne, qu’on choisisse de s’exprimer en français ou en èo ènana/ènata, les autres domaines de la vie et de la culture marquisiennes y sont les bienvenus car c’est bien la langue qui les interconnecte tous ; tout commentaire vraiment hors sujet, grossier ou anonyme sera exclu de la publication. Si tu penses avoir quelque avis à donner, n’aie pas peur de t’exprimer en signalant ton vrai nom, ta vallée, ton île, ta ville, ta région, ton pays de résidence ou ton adresse courriel.

 

Mise à jour le 24 juillet 2019

La première moitié de cette année 2019 a été une période de faste.

En janvier et février, j’ai finalisé la 4ème version de mes 66 émissions-podcasts disponibles sur mon site.

Pendant cette même période, au fur et à mesure que j’avançais dans cette mise à jour, j’ai découvert de nouvelles données historiques qui m’ont amené à modifier mon Histoire des Marquises en diaporama-vidéo jusqu’au mois de mars. La version publiée sur le site est le résultat de cette dernière étape, pour le moment…

Le 19 mars, date de mes 70 ans, fut le point d’orgue de cette période.

En effet, en accord avec mon webmestre, j’avais choisi ce jour pour lancer mon nouveau site.

Ce soir-là aussi, les chefs de service de l’île ont pu assister à une projection d’une partie du diaporama-vidéo afin d’en faire la promotion autour d’eux.

C’est au mois de juin que m’est parvenue l’annonce de ma promotion au grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres venant récompenser ainsi au niveau national ma détermination à promouvoir la langue marquisienne ; le décret avait été signé le 12 mars par Monsieur Franck Riester, Ministre de la Culture.

En raison des contingences protocolaires, cette décoration m’a été remise lors des cérémonies du 14 juillet par Yvonne Katupa, maire-déléguée de Hatiheù, Chevalier de l’Ordre national du Mérite. Cliquer sur ce lien pour lire le reportage de la cérémonie !

 

Mise à jour le 17 septembre 2019

Ce jour est marqué par l'intégration à l'Académie marquisienne de Jacques Iakopo Pelleau. 

Cliquer ici pour lire l'article !

 

À bientôt sur ce site ! ...

...  et sur ma page Facebook « Te Èo » !

 

Patuìa e / Rédigé par Jacques Iakopo Pelleau

 

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